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Contact direct avec le milieu

carène du bateauLa carène constitue la partie immergée. Les peintures dites antifouling se sont développées afin d’éviter que la vie prolifère sur la carène de bateau car cela ralentit considérablement en navigation : algues, bernacles..etc. Ces peintures sont plus ou moins efficaces selon leur toxicité. A ce jour, aucune recette miracle n’est disponible sur ce sujet. En ce qui concerne Nizwa, la carène est protégée selon un principe ancestral des boutres. Un enduit appelé “cherbi” , un mélange de suif , de la graisse animale, est mélangé avec du carbonate de calcium, ni plus ni moins de la craie, afin d’être appliqué sur la carène. Cela évite que les bernacles s’accrochent directement sur le bois et que les tarets attaquent les bordées. Aucun anti fouling n'est utilisé, il s’agit simplement de racler régulièrement cet enduit pour nettoyer.
En ce qui concerne les œuvres vives (partie émergée de la coque), il n’y a pas de peinture utilisée. Le bois est en effet entretenu grâce à de l’huile de sardine !

Les eaux noires

Les toilettes, fonctionnant avec de l’eau de mer, sont reliées à un réservoir de rétention afin de recevoir ce que l’on appelle les eaux noires. Ceci est utile lorsque le bateau est dans un port ou au mouillage afin d’éviter de souiller. Ce réservoir peut être vidé à quai dans les ports, pour que ces eaux soient traitées. Sinon et lorsque nous sommes en mer loin des côtes, cette cuve est vidée. Pourquoi vidée ? Car son contenu est tout à fait biodégradable. Chaque toilette est munie d’une petite douchette qui permet de ne pas utiliser de papier hygiénique. Car si ce papier est appelé hygiénique, il l’est beaucoup moins que la simple douchette. La majeure partie de la population mondiale utilise ce principe !

Eaux grises

Même principe pour les eaux dites « grises » provenant des éviers et de la douche. Ceci va dans le réservoir de rétention avant d’être vidé au port ou en mer. Règle simple: Les produits utilisés à bord doivent dorénavant être biodégradables. Que ce soit liquide vaisselle, douche et autres. Nous vous conseillons de voir les sites internet suivants :

 

Gestion des déchets

 En accord avec la règlementation, il est défendu de jeter par-dessus bord les déchets autres que biodégradables à court terme. Il existe dans la cuisine deux vide ordures : L’un pour les déchets non biodégradables, un autre pour les déchets alimentaires, pouvant être jetés en mer lorsque nous sommes à une distance raisonnable des côtes. Ceci comprend les pelures ainsi que d’éventuels restes de nourriture. En ce qui concerne les autres déchets, ils sont ramenés au port.

Gestion de l’eau douce

Un dessalinisateur est à bord pour produire de l’eau douce à partir de l’eau de mer, en utilisant le principe de l’osmose inverse. L’eau de mer est pressurisée à très forte pression dans une membrane, qui permet en quelque sorte de filtrer. Le dessalinisateur produit 30l d’eau douce par heure de fonctionnement. Si l’eau est produite en utilisant le générateur, il faut 1litre de gasoil pour produire 30 litres d’eau. Si le générateur n’est pas utilisé, mais l’alimentation des batteries chargées par les panneaux solaires, il faut 3 heures d’ensoleillement correct pour faire les mêmes 30 litres d’eau.

Gestion de l’énergie

panneau solaire sur le bateauAfin de faire fonctionner les instruments de navigation, le dessalinisateur, réfrigigérateur, chauffe eau, éclairages ainsi que diverses pompes, Nizwa est doté de plusieurs systèmes électriques fonctionnant sous 220V et 24V. L’énergie est produite soit par le générateur qui alimente directement en courant 220V, soit par les batteries qui alimentent en 24V. Ces batteries sont chargées soit par le générateur, soit par le moteur ou bien encore par les panneaux solaires.

Nizwa est en ce moment équipé de deux panneaux solaires de 150W chacun, qui permettent de charger les batteries et pallier de façon limitée à l’énergie nécessaire pour la vie à bord. De plus, les règles de vie à bord imposent bien sur une gestion optimum de l’énergie. Chaque équipier doit faire attention afin de préserver l’électricité du bord contenue dans les batteries. Il y a pour cela un moniteur qui permet à chaque instant de vérifier la consommation en ampère et ainsi s’apercevoir de toute surconsommation.

Moteur auxiliaire

Afin de seconder Eole et d’effectuer les manœuvres d’approche dans les ports ou mouillages, Nizwa est doté d’un moteur auxiliaire marine diesel de 170CV. En utilisant le moteur, la consommation en mer calme varie de 1litre de gasoil/mille (a 5 nœuds) à 3 litres/mille (a 8 nœuds) selon que l’on veuille aller vite ou pas. Si l’état de la mer se détériore, il est possible d’atteindre les 10 litres/mille et plus. Le moteur est un élément de sécurité, il doit être fiable pour pouvoir permettre au bateau de s’abriter en cas de fort coup de vent, casse de gréement…etc. Autrefois, il n’y en avait pas, mais il faut noter qu’il y avait beaucoup plus de pertes humaines et de matériel.

Conclusion

L’impact principal est dû au moteur auxiliaire, qui utilise de l’énergie fossile. Cet impact est plus ou moins notable en fonction de son utilisation : Selon que l’on veuille aller vite ou selon que l’on veuille se déplacer malgré la défaveur du vent et de la mer.
Les panneaux solaires que nous avons actuellement pourraient permettre de fournir l’énergie nécessaire pour la vie à bord mais avec des privations : Le réfrigirateur ne peut fonctionner continuellement, le dessalinisateur ne peut être utilisé qu’à temps réduit. L’utilisation du moteur ou du générateur pour recharger régulièrement les batteries est en conséquence requise afin de pallier cette demande énergétique. 

Solutions

Deux axes principaux

  • Réduire la demande énergétique : à titre d’exemples, Nizwa utilise des réfrigirateurs classiques alors qu’il y a maintenant sur le marché nautique des solutions moins énergivores. L’utilisation plus élargie aussi de leds à faible consommation permettra de faire des économies.
  • Augmenter l’apport énergétique non fossile afin de se dispenser à terme des moteurs thermiques : Panneaux solaires additionnels, éoliennes, hydro générateurs…etc afin de prélever cette énergie disponible. Il faut ensuite avoir la capacité de la stocker de façon durable afin qu’elle puisse être utilisée pour les besoins à bord mais aussi pour mouvoir le bateau. Le plus gros besoin énergétique est en effet nécessaire par ce qui sera le nouveau moyen de propulsion secondaire, par exemple un moteur électrique.

 

 

Association "Un boutre nommé Nizwa"
Vivez avec nous les aventures de Nizwa dans les Secrets de la mer Rouge en 2008