Notre visite à Nizwa, ville mythique pour nous car elle a donné le nom au bateau de Jocelyn, fut organisée par notre ami omanais Ajmed, qui en a profité pour nous faire passer par le village de Sanawo. Plusieurs raisons à cela : -le matin des 6H il se tient un grand marché aux bestiaux, typique. Nous y avons vu entre autres des jolies chèvres, et des chameaux…. Attirés par des cris, nous avons assisté à la montée forcée dans le pick up d’un chameau, pattes liées, rendu furieux et blatérant à tous crins.

A la périphérie de ce village, nous avons fait un tour dans le camps de bédouins : enclos, huttes en branches de palmiers, puits…Hélas il était vide car les bédouins l’hiver sont pécheurs. Ils y reviennent l’été pour l ‘entretien des troupeaux

Enfin il a voulu nous montrer l’ex-ferme de son père : nous avons apprécié l’hospitalité de la famille et dans la magnifique pièce de réunion, nous avons dégusté, assis sur les coussins, café et fruits. Nous avons aussi été admirer l’ancienne maison en ruine, construite en briques de terre il y a deux siècles.

Après 1H30 de route dans le Wadi …dominé par le djebel, nous arrivons à NIZWA. La ville nous apparaît comme une énorme oasis au pied du jebel Akhdar qui culmine tout prés à 3000m. Tout de suite nous apercevons le fort qui s’élève légèrement au-dessus de la palmeraie. Cest le début d’après-midi, les routes sont calmes et le souk vaste et tout neuf ferme ses portes. Nous ne pouvons qu’accéder aux boutiques de souvenirs. Nous apprenons que Nizwa est une très ancienne ville qui attire aujourd’hui les touristes. Du souk, nous grimpons légèrement à travers de petites ruelles jusqu’au fort datant du 17ième. Forteresse ocre rose pimpant, en cours de restauration, avec une vaste tour ronde (50m de diamètre !) . Nous visitons les différentes pièces plus ou moins encore en travaux : nous retenons une magnifique salle de bain, avec dérivations d’eau permettant lavabo, bain ; les salles de réunion avec leur rangée de cousins le long des murs, extrêmement claires et conviviales ; outils et meubles anciens. Nous montons sur le chemin de ronde circulaire de l’énorme tour. De là, nous avons une vue panoramique magnifique.

Nous ne sommes pas si haut et c’est l’étendue du vert des palmes qui nous frappe. Nous avons du mal à cerner la ville cachée dans cette immense forêt. Au pied du fort, la mosquée dresse son minaret et son magnifique bulbe orné de céramique bleue.

Au loin le djebel Akhdar, aride, terreux et rocheux se déroule devant nous à 180°. Les suites de crêtes bleutées qui semblent reposer sur le lit de brume des vallées, défilent à perte de vue. Nous retrouvons nos paysages préférés alpins ou cévenols.

Nizwa est très ancien et fut une capitale de l’Oman au 6ième et 7ième siècle. Nizwa se convertit à l’islam à cette époque. Un ancien fort datant du 9 ième siècle était à l’emplacement du fort actuel. La fabrication de bijoux traditionnels en argent ont fait la célébrité de Nizwa mais les Omanaises, aujourd’hui préfèrent l’or. La palmeraie est alimentée par les eaux du Wadi et les eaux prolifiques du falaj Daris.Les afalaj, superbes réseaux omanais d’irrigation, ont été classés en 2006 au patrimoine mondial (cf ci-dessous). Ils permettent aux paysans de cultiver sur des minuscules terrasses à l’ombre des palmiers, plantés du haut en bas de la montagne. Les palmiers produisent des dattes entre autres, vendues pour les animaux dans des sacs de toile de jute de 50kgs, tous dégoulinants.

En 1990, la ville a été rénovée : le souk, le fort, le réseau routier…Une autoroute relie maintenant Nizwa à Muscat.. Un collège agricole, et un institut de langues ont été construits.

Philippe et Catherine Dubois, De notre séjour d’une semaine (01/08) en terre et mer d’Oman, dont 2 jours de navigation de Muscat à Sur en compagnie du joyeux et bien sympathique équipage de Nizwa.

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