Message de Juliette Vivier

Le projet Nizwa a été une expérience forte pour nous tous.Nous avons vécu quelque chose d’unique, même si elle n’a pas correspondu aux attentes de tous, et a engendré des déceptions pour chacun…
Le projet ne s’est évidemment pas passé comme chacun l’avait rêvé, la navigation en mer, longue, et à plusieurs, a imposé sa réalité à tous, et révélé des désaccords (gestion du temps, de la météo, des choix de navigation, du quotidien).
Le bateau lui-même, taillé pour le portant, nous a dévoilé certaines qualités, mais aussi ses limites. Nous avons pu profiter, bon gré mal gré, de l’exception d’être en Mer Rouge, et l’expérience s’est avérée enrichissante, en particulier sur le plan humain, car c’est finalement le ciment de tout projet en équipe. Etre à l’écoute, assurer le bien-être et la confiance de tous pour permettre à l’équipage et au bateau d’avancer dans les meilleures conditions.
La suite des aventures de Nizwa reste donc à écrire : la Méditerranée va être une nouvelle page, différente en temps, en lieux et en équipage, et pleine sans aucun doute de surprises et de défis !

A suivre !

Message de Simon Moriniere
Naviguer plusieurs mois à bord de Nizwa est une expérience qui m’a procuré un immense plaisir avant tout et divers enseignements.
Sur le bateau lui-même j’ai découvert, hormis le fait que les manœuvres à la voile sont particulières et nécessitent un entraînement sérieux, combien un boutre traditionnel tel que celui-ci est adapté à un type précis de navigation: la carène et le gréement permettent de traverser, dans les deux sens mais vent de mousson toujours au portant, la Mer Arabique et l’Océan Indien. La longueur du bateau et les élancements de sa coque facilitent son passage sans souci dans la grande houle de ces eaux. Il en va différemment lorsqu’on désire gagner des milles contre un vent de face. Sacrifiant au progrès, Nizwa est heureusement équipé d’un moteur auxiliaire bien utile.
Quant à l’aventure maritime, je faisais ce parcours pour la deuxième fois de ma vie, en sens inverse de la première. La navigation dans le corail offre au marin des sentiments exacerbés : craintes, peurs, joies et jubilations sont au programme et sans restriction. Même si son littoral s’est logiquement développé depuis mon passage il y a dix ans, l’ensemble Golfe d’Aden – Golfe de Tadjoura et Mer Rouge reste un bassin de croisière ou l’on ne peut, la plupart du temps, compter que sur soi-même. La nature est encore souveraine dans la majorité des sites ou Nizwa a fait escale et les rencontres avec les populations ont toujours été riches en découvertes et en partages.
L’aventure humaine fut, comme c’est très fréquemment le cas lors d’une navigation au long cours, le point d’orgue de cette épopée. Partir a six est un défi difficile a relever même sur un grand navire de 22 mètres. Le projet ne peut progresser que si chacun contribue à la dynamique globale. Concilier les intérêts propres de chacun fut, pour le capitaine, une difficulté supplémentaire dans son aventure. L’équipage était hétéroclite et cette particularité en a fait toute sa valeur. Mélangez quelques amoureux de la mer d’horizons divers, quelques professionnels de l’image, une artiste et un passionné, initiateur du projet ; certain n’ayant jamais mis les pieds sur un bateau, d’autres n’ayant jamais quitté les cotes de vue, tous animés du même enthousiasme ; mettez-les a naviguer ensemble dans une zone réputée pour ses écueils divers et vous obtiendrez la recette d’une authentique aventure humaine.
Je sais d’ores et déjà que ce sera le meilleur souvenir de mon expérience à bord de Nizwa.

Message de Vincent Dumesnil

Nizwa est aux portes de la méditerranée, c’est ici que l’on perd les traces d’Henry de Monfreid dans les complexes hôteliers et les marinas du nord de l’Egypte. La mer rouge nous a dévoilé des lieux et des ambiances magnifiques, mais elle a aussi mis à l’épreuve le bateau et l’équipage.

Malheureusement les aventures de Nizwa prennent fin prématurément, car la confiance, la cohésion et les motivations de chacun se sont heurtées aux coups de butoir de la navigation en mer rouge, à la promiscuité de la vie a bord, qui exacerbe les différences de points de vue, et l’équilibre entre concessions et frustrations n’a pas été trouvé.

Je suis triste de ne pas aller plus loin en méditerranée mais heureux de m’être enrichi des expériences et des compétences de chacun au service de cette belle aventure maritime. Si je ne suis pas devenu un grand marin, j’ai découvert la mer, ses plaisirs et ses contraintes, la puissance des éléments et les limites d’un gréement traditionnel comme celui de Nizwa.

Mon plaisir de filmer a été immense. Chaque heures de navigation, chaque mouillages ont apporté leurs lots de personnages, de décors et de surprises. Le dialogue entre les écrits d’Henry de Monfreid, qui nous ont servi de guide, et les images que j ai captées est étonnant. Mon désir de bientôt vous faire partager ce butinage est grand et j’espère que vous aimerez les différentes ambiances que nous avons découvertes dans ce long périple de Dubai en Egypte

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