Le 5 avril 2008 par Equipage







Les cartes et instructions nautiques différencient « khor » et « Marsa », nous n’avons pas réussi à déceler la différence. Ce sont toutes des criques extraordinaires tant par leur beauté que par l’abri qu’elles offrent. L’eau y est aussi calme que dans un étang alors qu’à quelques encablures, la houle éclate sur les récifs.
Nous sommes ce soir dans la marsa la plus au nord du Soudan, Marsa Umbeila. Nizwa est en effet à quelques milles de la frontière Soudano-Egyptienne. Nous avons eu la visite d’une tortue et d’un mammifère marin en voie de disparition : Un Dugong. Cet animal est végétarien et Marsa Umbeila offre la particularité rare d’être tapissée d’algues dans ses fonds, à l’inverse des autres marsas où règne le corail.
Nous avons mouillé ici par un vent de 30-35 nœuds de nord, nous attendons une accalmie annoncée demain pour effectuer une longue navigation vers le Nord. Toute la zone frontalière nommé Foul Bay (env 100 milles) est sensible – Il est déconseillé de s’y arrêter.
Bientôt une autre épreuve nous attend, le fameux backsheesh qui règle beaucoup les échanges en Egypte. Nous espérons que le développement des activités de plongée avec tous ses hotels et bateaux charters ne réduira pas trop nos possibilitées de mouillage dans les marsa et autres récifs coralliens. Inchallah !
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Le 1 avril 2008 par Equipage









Nous avons réussi à atteindre Khor Shinab à la voile la Marsa la plus au sud des Marsa du Soudan.
Vers midi, nous avons pénétré dans cette longue crique (3 milles), en serpentant au gré de ses lacets, bordés de coraux. Nous avons mouillé au fond dans une vaste baie peu profonde. Le vent du nord s’est ensuite mis à souffler avec violence.
Une marche à terre sur un massif nous a permis de dominer cette crique. Nous avons observé la baie des sources. Il parait que c’est cette eau douce, se déversant dans la marsa, qui limite le développement du corail – Sinon la crique serait un platier complet ou l’on ne pourrait pas rentrer en bateau.
Aujourd’hui nous avons essayé de faire route nord malgré un fort vent contraire – Il y a des Marsa tout les 5 milles environ qui nous permettent de s’abriter si nécessaire. Des militaires nous ont contraints à rejoindre leur camp dans la Marsa Halaka, ou nous nous trouvons ce soir. L’état de la mer ne leur permettait pas de monter à bord. Nous avons mouillé sur une langue de sable en face du camp militaire, ancre portée à terre et avec l’étrave du bateau sur la plage tombante. Le vent ayant forcit jusqu’à 35 nœuds. Les militaires sont ensuite montés à bord pour vérifier nos papiers, une excuse pour voir le bateau et justifier leur curiosité. Ils regardaient les passeports à l’envers !
Nous prévoyons de partir à l’aube demain, lorsque le vent est encore assez calme (c’est le cas la nuit et tôt le matin) pour faire le plus de route nord puis nous nous abriterons a nouveau dans une autre Marsa. La météo annonce à ce jour une baisse du vent de Nord Jeudi prochain, nous planifions d’en profiter pour faire un saut de 120 milles et atteindre Bérénice en Egypte. Après les Marsa que nous voyons ces jours ci, Il y aura en effet peu de mouillage pour s’abriter si le vent forcit jusqu’à Bérénice. Il est aussi conseillé d’éviter dans la mesure du possible de mouiller près de la frontière Soudan/Egypte.
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Le 26 mars 2008 par Equipage










Arrivés dans ce petit port, notre surprise est grande de voir l’étroit petit chenal dessiné sur la carte, transformé en énorme chantier.. la surprise de Simon, venu ici il y a 10 ans, est visible. Nous constatons les ravages fait au corail. Le chantier est financé et réalisé par des chinois et des malaisiens, attirés ici par le pétrole… !
Le chantier, moderne et de grande envergure, contraste avec le vieux Suwakin, situé au fond de l’anse.
Nous apprenons la veille de notre arrivée la diffusion sur Thalassa d’une émission sur les tentatives de restauration de la vieille ville, entièrement construite en pierres de corail. Apres a peine 80 ans d’abandon, la vieille ville est un champ de ruines, ou ne subsiste que quelques façades, et les mosquées, elles, parfaitement entretenues !
On a peine a imaginer la beauté que devaient avoir ces demeures au bord de l’eau, dans les années 1900 a son apogée. Peu de temps aura suffit pour que cette ville fragile datant du 15-18ieme s’écroule.
La ville semble hors du temps, l’escale est très dépaysante. Nous trouvons les soudanais dans la rue cordiaux et aimables. Suwakin respire la nostalgie, mais nous semble vraiment sur sa fin. On a du mal à faire cohabiter la vision de cette ville fantôme, et le projet du nouveau port !
Nous nous demandons comment cela pourra-t-il évoluer d’ici quelques années ?
En quittant notre mouillage au lever du soleil, nous nous échouons dans la petite passe, malgré le faible tirant d’eau de Nizwa. Nous réussissons à nous dégager grâce à notre annexe qui nous aide a faire pivoter Nizwa.
Pas de dégâts, l’aventure continue vers Sanganeb, un phare au large de Port soudan situe sur un récif ou parait il nous devrions voir beaucoup de requins…Ce sera notre prochain mouillage
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Le 20 mars 2008 par Equipage








Des l’aube, à notre arrivée sur Khor Nowarat – île Badhur, la curiosité de Salim et d’un comparse les ont conduit à bord en pirogue. Palabres et gestes nous ont permis quelques échanges: des cigarettes, du riz et du sucre les comblent.
A terre, nous retrouvons les vasques d’eau douce décrits par Henry de Monfreid dans son journal de bord du 26 juillet 1915 (p 594 « Des aventures extraordinaires »). Dans « La croisière du Hachich » (p 345 de Mer rouge) une vielle femme lui vend quelques litres d’eau. Pour nous, c’est l’accueil du berger Salim qui nous conduit à son campement ou les nuits sont toujours à la belle étoile.
Ce soir, on ne mangera pas des coquillages mais on a choisi du confit de canard, vin rouge et pomme de terre sautées pour satisfaire notre faim…ça change du poisson.
Nous avons changé de mouillage ce soir, afin de s’éloigner de la mangrove et de ses moustiques. Demain, nous levons l’ancre tôt afin de faire route vers Talli Saquir, une petite île située à 30milles au sud de Suwakim. Il parait qu’il regorge de poissons tels qu’aux îles des sept frères proche de Bab El Mandeb. A suivre…
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Le 19 mars 2008 par Equipage





Mardi 18 mars 2008.
Nous avons quitte l’Erythrée il y a 36 heures. Notre dernière halte dans ce pays qui nous a conquit est l’île de Difnein.
La navigation se déroule sans problème ; hélas il nous faut avoir recours a la brise « Volvo » pour pallier la déficience d’Eole.
Au lever du jour, ce matin, nous arrivons en vue de Gazirat Iri, situe a 12 milles au nord de la frontière Soudan/Erithrée. Cette île, la plus sud du plus grand pays d’Afrique, le Soudan, abritait autrefois une citée fondée par la dynastie des Ptolémées, héritiers de la grande épopée d’Alexandre le Grand. Sous un soleil de feu, nous retrouvons les vestiges de cette ville qui su, grâce a un système complexe de cavernes souterraines destinées a récolter l’eau de condensation, s’adapter a l’une des régions les plus sèches du monde.
En fin d’après-midi, l’équipage de Nizwa, toujours en quête de plus d’aventures, lève l’ancre pour Khor Nawarat a 10 milles au nord. La navigation dans le corail demande une attention de tous les instants mais quel plaisir de voir le boutre se glisser en douceur entre les récifs multicolores dans une eau cristalline bleu émeraude.Je vous embrasse, Jocelyn
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Le 14 mars 2008 par Equipage










Depuis le mouillage de Anfile Bay nous avons donc eu des vents portants afin de joindre un petit archipel d’îles nommé Howakil ou Monfreid s’est régulièrement arrêté. Des pêcheurs a bord de boutres sont venus près de nous pour pêcher au lamparo la nuit.
Nous avons ensuite fais route vers l’île Shumma. C’est une petite île située au centre du chennal sud de Massawa. Mouillage parfait car il forme un cirque de corail qui casse la houle venant du large. Nous étions donc entourés de coraux. Nous en avons profité pour visiter cette île très verdoyante et pleine d’oiseaux, notamment des spatules. Nous nous croyons au milieu de la savane, sentiment assez étrange car nous n’avions pas vu autant de verdure depuis le départ de Ajman.
Nous sommes arrivés a Massawa, ce port principal d’Erithree. Il y a des investissements importants qui ont été réalisés pour développer l’infrastructure et accueillir des gros porteurs. La ville quand a elle, est très abîmée. Les restes de l’architecture Italienne ne sont pas entretenus: la vieille ville près du port se résume a de la ruine. Malgré cela, il y a de l’animation le soir avec des bars qui ouvrent sur la rue, plein de musique. L’activité économique semble très restreinte.
Nous avons décidé de prendre opportunité pour visiter la capitale de l’Erithree : Asmara. 3 heures de bus pour atteindre 2300m d’altitude.
Asmara contraste totalement avec Massawa. Le ville est très propre avec des cafés de style Italien. Nous étions assis hier a déguster des cappuccino sur la rue principale. Assez étonnant aussi d’entendre a nouveau les cloches des églises sonner.
Nous avons croise pas mal de véhicules de l’ONU, HCR et OMS en ville. Le marche et très actif : Beaucoup de fruits et légumes frais. Les filles Érythréenne ont aussi beaucoup de charme !
Les bulletins météo annoncent du vent de secteur Nord a partir de demain Jeudi soir jusqu’à samedi matin. Nous allons donc quitter Massawa demain matin afin de gagner l’Ile de Harat située a 30 milles au nord de Massawa. Le programme de navigation des jours suivants dépendra de l’intensité des vents et de notre mouillage.
Philippe et Pascal ayant débarqués finalement a Massawa au lieu de l’Egypte, nous continuons a 4 équipiers: la relève sera en Egypte. Nous avons revu et adapté le programme de navigation en conséquences.
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Le 7 mars 2008 par Equipage
Nous avons donc quitte Anfile Bay. Des îles plates, avec des palétuviers tel que décrit Monfreid. Nous avons vue des raies, flamants roses et un héron. Il y a aussi des tombes sur l’île qui sont Chrétiennes je penses, car elles sont entourées de roche et ne sont pas perpendiculaires à la mecque. Assez étonnant.
Nous avons eu une longue bourrasque hier soir de Sud a 30 nœuds pendant 4-5 heures, ce qui a rempli le bateau de sable. Ce matin nous avions un brouillard humide sans aucun vent, pétole ! Nous avons quitté le mouillage a 8h30 ce matin lorsque le vent de sud a repris vigueur.
Nous faisons route vers l’île Howakil ou nous devrions mouiller inchallah ce soir. Nous avons 40 milles a faire mais il manque de vent ce matin. Nous faisons uniquement 3 nœuds par vent de sud de 8 nœuds. Il devrait fraîchir en fin de matinée comme le prédisent les fichiers grib du jour, nous verrons bien mais ça nous permettrai d’atteindre le mouillage prévu a Howakil assez tôt pour permettre de mouiller en sécurité.
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Le 5 mars 2008 par Equipage


Question de Arthur et Adrien
Reponse de l’equipe a bord:
Nous attrapons en pêchant à la traine des poissons carnassiers en bout de chaîne alimentaire, c’est à dire qui mangent les autres petits poissons : la bonite (famille des thons), la daurade coryphène, le barracuda, et le sauteur thalangue qui mesurent tous entre 35 cm et 1 m. Au mouillage, nous partons à deux avec le zodiac pour chasser les poissons en apnée. Chacun son tour prend sa respiration et va au fond de l’eau rechercher un poisson et le tirer à l’aide de son fusil-harpon. Dans ce cas, nous essayons de tuer des carrangues et quand il n y en a pas, des poissons perroquets.
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Le 5 mars 2008 par Equipage
Question de Thibaud
Reponse de l’equipe a bord:
Tout d’abord, on peut attraper le mal … de mer ! Quand la mer est formée (on le dit quand il y a des vagues) le bateau roule (balancement d’un côté à l’autre sous l’effet de la houle) et tangue (balancement d’avant en arrière). Cela donne une sorte de nausée chez certaines personnes qui ne sont pas habituées et peut aller jusqu’à faire vomir.
On pourrait attraper le scorbut (manque de vitamines) mais notre voyage n’est pas assez long pour cela et nous nous ravitaillons en fruits et légumes frais régulièrement. En mer rouge, il faut faire très attention au soleil : se protéger en journée et mettre des lunettes de soleil pour ne pas s’abimer les yeux. Il faut aussi faire très attention en se baigant au corail qui est très coupant et à certains poissons qui sont très vénimeux.
Mais plus que de tomber malade , le marin risque les accidents à bord …
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